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Pause hivernale pour les animations pieds nus sur piste à Issy-les-Moulineaux MAIS nous montons d'autres animations adaptées pour la saison, avec quelques surprises - détails à venir !

- On n'est pas que des cobayes - "Trouver chaussure à son pied"

Les femmes sont l’avenir de la course pieds nus

Pham Thi Binh

Pham Thi Binh

Alors que leurs homologues masculins en sont, au mieux, à courir avec des sandales épaisses en trail, certaines femmes ont franchi le pas, naturellement, de la course pieds nus.

Si tu as un truc dans la tête il faut l’essayer. – Kilian Jornet – Intérieur Sport (Canal +) – Seul au monde – Nov 2011

2013, l’année des femmes en courses pieds nus.

Fanomezantsantsoa Razafindravelo

Fanomezantsantsoa Razafindravelo

Fanomezantsantsoa Razafindravelo

19 ans, originaire de Tana, capitale économique de Madagascar.

Signe particulier : Elle court pieds nus.

Elle mesure un mètre 44 seulement. Ses cheveux sont taillés très courts. Elle a un visage de garçon manqué et un regard droit et fier. Suivent un buste râblé et des jambes arquées au bout desquels on retrouve des pieds taille 38 noircis par la poussière. C’est ce que l’on remarque le plus chez Fanomezantsantsoa Razafindravelo.

  • Championne nationale de lutte féminine de Madagascar 2012 – 2013
  • 3ème place 2013 du Trail du Colorado sur l’Ile de la Réunion
  • 6ème au semi raid 40 kms de l’Isalo de Madagascar
  • 2ème à l’UTOP (Ultra Trail des Ô Plateaux – Madagascar)
  • 10ème au marathon de Tana de Madagascar

Elle a commencé la course à pied il y a seulement un an, sur les conseils de ses entraîneurs, pour améliorer son endurance.

Au départ, j’ai essayé de courir avec des chaussures, mais je ne suis pas à l’aise. – Fano

Source

Lata Bhagwan Kare

Lata Bhagwan Kare

Lata Bhagwan Kare

66 ans, originaire de Buldhana en Inde, ouvrière agricole, n’avait jamais couru avant de remporter le marathon de Baramati en Inde dans la catégorie sénior.

Signes particuliers : Elle court pieds nus et en habit traditionnel féminin, le saree.

Quand j’ai pris connaissance de l’épreuve, j’ai décidé d’y participer. J’ai rassemblé mon courage et informé mon fils que je voulais courir le marathon. Au début, il m’a lancé un regard étrange parce qu’à son avis, ce n’était pas possible, compte tenu de mon âge. Mais j’étais déterminé, donc il finalement cédé. – Lata Bhagwan Kare

Elle s’est alignée sur la ligne de départ pour gagner le prix en espèces pour payer le traitement médical de son mari.

Un peu mal à l’aise, parce que tous les autres participants regardaient ma robe. Cela m’a aussi rendu un peu nerveuse. Toutefois, lorsque la course a commencé et j’ai commencé à les dépasser un par un, j’ai retrouvé mon énergie. Tandis que je courais, je me parlais à moi-même me disant je veux gagner cette course, et je l’ai fait. – Lata Bhagwan Kare

Lata est une marcheuse quotidienne depuis l’enfance.

Nous n’attendions pas qu’un participant comme Kare soit vainqueur de la course. Ça a été une agréable surprise. Nous avons été très heureux de remettre le trophée à Kare. – Sachin Satav, organisateur

Quand on lui demande si elle va participer à d’autres courses, elle répond :

Oui. Mais seul dieu sait si je serais aussi forte que je le suis aujourd’hui.

Vidéo Article en Anglais

Pham Thi Binh

Pham Thi Binh

Pham Thi Binh

Originaire du Vietnam, elle a remporté sa première médaille d’or dans l’épreuve du marathon femmes le 16 décembre 2013, en 2 heures 45 minutes et 34 secondes.

Signe particulier : Elle court pieds nus.

En 2009, une maladie cardiaque congénitale rare lui a été diagnostiquée et elle a dû subir une opération lourde.

Binh a couru 60 kilomètres pieds nus chaque jour pendant environ un an pour préparer les jeux d’Asie du Sud-est à Myanmar.

Je suis habituée à courir pieds nus depuis que je suis jeune. Les chaussures deviennent un fardeau pour moi quand je transpire dedans. – Pham Thi Binh

Article en Anglais

Du Sri Lanka à l’Ethiopie, la course pieds nus.

marathon de Colombo

marathon de Colombo

En guise de conclusion de cette première partie, voici un extrait d’un billet écrit sur un blog découvert il y a peu au gré de mes surfs nocturnes, my trail to San Francisco. L’auteur écrit :

Tous les ans est organisé le Marathon de Colombo au Sri Lanka. L’événement festif et convivial réunit plus de 3 000 participants pour 42 bornes au cœur de la plus grande ville du pays.
Il est difficile de donner un chiffre précis, mais en regardant les photos on peut évaluer à plus d’un tiers le nombre des participants qui courent sans chaussure.
Autour de moi d’aucuns m’ont dit qu’ils « n’ont pas les moyens ». Héhé. Darwin, ses singes et ses sauvages ayant la peau dure, on m’a aussi sorti l’explication génétique : « oui mais eux ont les pieds fait pour ça, alors que pas nous ». Héhé bis.
Du bla bla chargé de condescendance. L’éternelle supériorité du western way of life sur le lointain et sauvage tiers-monde.
En 2011, le premier Sri Lankai est arrivé en 7ème position, 10 minutes après les Africains (Kényans), avec un chrono de 2h37. Sans chaussure.
A titre comparatif, j’ai mis une heure de plus que lui, avec des sandales. Il est particulièrement intéressant de noter que, si la presse nationale applaudit le classement et le chrono du champion local, elle ne signale à aucun moment le fait que l’homme allait nu-pied.
Ce qui est d’ailleurs parfaitement normal, puisqu’elle n’avait aucune raison d’énumérer toutes les choses inutiles que l’athlète ne portait pas sur lui pendant la course.

Lire la suite de ce passionnant article

Il est temps de s’y mettre.

Courir pieds nus n’est pas courir sans chaussures.

Il ne s’agit pas d’une ultime coquetterie pour coureurs à l’affût de la dernière nouveauté.

Il ne suffit pas d’enlever ses chaussures et de croire que la Nature va reprendre ses droits toute seule.

La foulée ancestrale, celle que les gamins connaissent d’instinct avant que les profs d’EPS leur apprennent la foulée Nike, demande à être ré-apprise en toute conscience.

Courir pieds nus sur du lisse et du plat ne permet pas d’apprendre la bonne posture.

Le seul moyen de ressentir la foulée naturelle est de courir en côte. Là, les pieds se positionnent correctement tout seul et la foulée se raccourcie. Impossible d’atterrir sur les talons.

Une fois cette posture correcte ressentie, il faut essayer de la reproduire sur le plat. C’est un acte réfléchi à ce stade.

Courir pieds nus est une réflexion avant d’être une action.

Courir pieds nus n’est pas une chose facile. Ça n’a rien à voir avec se balader pieds nus chez soi ou dans son jardin à la belle saison.

Ça ne consiste pas non plus à sortir de temps en temps pour aller faire quelques centaines de mètres sur une piste cyclable, puis chausser ses minimalistes et avoir l’impression de faire partie du club.

C’est un auto-apprentissage continu, régulier avec ses progressions en paliers, ses stagnations avec découragements, et des remises en questions permanentes. C’est un choix.

On décide de pratiquer le minimalisme mais avec une préférence pour le 100 % pieds nus dés que les pieds le permettent.

Dans l’absolu, il n’existe pas de distances maximales qui une fois atteintes obligent à remettre les chaussures, il n’existe que nos propres limites, mentales et physiques. Des limites que l’évolution dans la pratique permet de reculer sans cesse.

Du travail, du travail, et encore du travail.

La course pieds nus est un plaisir lié à l’enfance, une enfance que certains adultes n’ont pas eu ou ont oublié. Cet oubli peut expliquer le manque d’intérêt pour certains à prendre plaisir à sortir sous la pluie, patauger dans la boue, s’asperger de l’eau des flaques ou courir sur la neige, en étant au milieu d’une Nature où l’émerveillement peut se révéler à chaque instant.

Un sociologue pourrait montrer le poids de la culture judéo-chrétienne concernant notre rapport au corps ambivalent et les blocages mentaux associés dans la pratique de la course pieds nus. Un des premiers blocages psychologiques à surmonter est le fait de se déshabiller les pieds en public.

Pour que le plaisir soit total, il faut travailler, au sens de se mettre à la tâche.

Rien n’est donné, tout se gagne.

Des pieds capables de courir par tous les temps, sur tous les terrains, en contact permanent avec le sol sur de longues distances, ça se travaille plusieurs fois par semaine toute l’année.

Si certain(e)s pensent pouvoir faire un marathon ou un trail pieds nus, officiellement ou pour juste pour eux, en pratiquant au feeling, ils se trompent et n’iront nulle part. Du moins pas très loin.

Le travail consiste à pratiquer exclusivement la course en situation pour développer une musculature adaptée et spécifique à l’effort que l’on veut demander aux pieds et au corps.

Toutes les activités que j’ai pratiqué depuis mon enfance, que ce soit le skate, le roller, l’escalade, le karaté, l’aïkido, l’équitation et la musique, demandent un travail constant, une pratique quotidienne, non pour être le meilleur mais pour faire éclore le meilleur de soi.

Je n’ai jamais vu un skater perdre du temps à faire des abdos ou un surfer faire des pompes. Je les ai vus par contre passer beaucoup de temps à regarder faire les autres, à réfléchir, à imaginer puis à s’y mettre de façon intensive des heures durant mais toujours en cherchant à s’amuser.

Sur le plan du caractère, ce travail régulier développe la force morale, c’est-à-dire la capacité à faire face à l’adversité, la confiance en soi, l’humilité, la capacité à la remise en question, la réflexion et l’analyse.

Théoriser sa pratique permet de prendre conscience de ce qu’on fait pour pouvoir reproduire ce qui a été acquis dans les muscles, les tendons et les ligaments. De cette façon, le cerveau va tisser le réseau neuronal qui va permettre de passer du geste réfléchi et lent au geste réflexe parfait.

Sans ce travail, pas de résultat. La génétique et le talent sont de la blague.

Il n’y a pas de talent, il n’y a que le travail. – Jacques Brel

Prenez une année sabatique.

Il faut environ 6 mois pour courir vraiment pieds nus de manière autonome au moins une heure d’affilée sur terrain hostile. Mais comme chaque personne est différente et que la lenteur est mère de sûreté, il vaut mieux tabler sur une année complète pour essayer par tous les temps et toutes les saisons.

Durant cette année, les chaussures deviennent une sécurité que l’on transporte dans le sac et que l’on met lorsque les pieds deviennent trop sensibles.

Pour débuter, le Web est une source de renseignements et de partage qui remplaceront les rencontres véritables tributaires de l’éloignement géographique.

La course pieds nus étant une discipline marginale dans le microcosme du minimalisme, il existe peu de site consacrés à la question mais l’information y est de premier choix et la volonté de partage, réelle.

Une transition ?

Non. Pas au sens où l’entendent les coureurs minimalistes chaussés.

La sensibilité plantaire arrête le coureur pieds nus débutant avant qu’il ait l’occasion de porter atteinte à son squelette et à ses tendons.

Le système musculo-squelettique va s’adapter conjointement avec le renforcement des pieds et les charges d’entraînement progresseront en même temps. Il y a peu de risques de surentraînement. Je conseille néanmoins d’être attentif aux messages envoyés par le corps et de ne jamais forcer.

L’idéal est de courir sur des revêtements variés, non seulement pour développer une foulée « adaptative » et légère mais aussi parce que grâce à l’inconfort que les terrains naturels engendrent, cela freine les ardeurs dues à « l’euphorie des pieds », surtout au début.

Eviter de courir souvent sur une piste d’athlétisme en tartan, c’est exactement comme courir avec des semelles de caoutchouc.

Le support doit être stable, voire dur, il doit y avoir des cailloux mais ne doit pas en être recouvert pour ménager des zones de repos. Courir sur un revêtement qui se rapproche de ce qu’on trouve à l’état naturel est le mieux car comme l’eau est l’élément naturel des poissons, le chemin est l’élément naturel du pied humain.

Au bout de deux à trois semaines les pieds vont s’adapter et les distances s’allongeront d’elles-mêmes. Le temps de repos entre deux séances va raccourcir lui aussi.

La douleur ne fait pas partie de l’apprentissage, jamais.

Ce que je crois.

Ma conception de la course à pieds passe par la course pieds nus et une profonde réflexion sur les raisons d’un tel choix.

Je ne suis pas du tout dans un délire récréatif ou tout entier dédié à la performance sportive, bien que, pour cette dernière, je ne l’exclue pas de ma pratique.

Ce que je veux c’est pouvoir utiliser mon corps en bonne santé le plus vieux possible pour rester autonome physiquement et intellectuellement, car je pense que les deux sont liés. Je crois fortement que la course pieds nus peut nous maintenir en bonne santé jusqu’à un âge très avancé.

En écoutant simplement son corps, on échappe au sur-entraînement, aux fractures de fatigue et aux tendinites.

Mais on n’est pas pour autant à l’abri de problèmes osseux, tendineux ou ligamentaires qui peuvent être liés à des problèmes anciens non réglés que la modification posturale due à la pratique de la course pieds nus va faire ressortir.

Peut-être serez-vous obligé d’aller voir un ostéopathe pour y remédier. Mais une fois corrigé, c’est pour la vie car la course pieds nus va vraiment changer la façon dont le corps s’auto-porte.

Courir, ça veut dire suivre son chemin, ça veut dire créer son chemin, ça veut dire rechercher quelque chose. Donc courir ou mourir, ça veut dire suivre son chemin pour trouver sa vie. – Kilian Jornet – Intérieur Sport (Canal +) – Seul au monde – Nov 2011

Pour ceux qui sont concernés, bonnes fêtes de fin d’année.

Pour tout le monde, on se retrouve en 2014 pour d’autres récits.

[k]


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7 réponses à to “Les femmes sont l’avenir de la course pieds nus”

  • Sly:

    du travail : « Don’t work towards freedom, but allow the work itself to be freedom » trouvé dans le bouquin de Scott Jurek

    du blocage psychologique à libérer ses pieds : Tim Ingold, « Culture on the Ground »

    c’est un plaisir de te lire,
    et de découvrir ces héroïnes aux pieds libres

  • garcia:

    Comme toujours , tes articles me font avancer dans le déblocage psychologique de la liberté des pieds , avec le bonheur de savoir que nous sommes pas seuls  » se faire traiter ironiquement de secte  » par des compagnons de courses me conforte dans le choix de mon chemin ( rires ) Merci , et à te lire bientôt .

  • Yannick:

    Chouette article. J’ajouterais que pour ceux qui lisent l’anglais, le livre de Bob Ken Saxton: Barefoot Running Step by Step, est une véritable mine d’or pour apprendre à courir pleds nus sans se faire mal. A recommander!

    • Merci :)

      Ce serait bien qu’une maison d’édition trouve son intérêt à traduire le bouquin de Bob Saxton ainsi que le bouquin de Scott Jurek, eat & run. Parce que pour l’instant on n’a que Born2run et les bouquins de Jornet à se mettre sous la dent et ça fait un peu juste pour ce qui est de la course non conventionnelle.

  • Yannick:

    Tout-à-fait! J’avais lu aussi « Barefoot et minimalisme : courir naturel » de Frédéric Brossard, mais j’avoue que je n’y ai pas trouvé assez d’explications sur comment courir pieds nus. Suite à cette lecture, j’avais fait l’une ou l’autre sorties qui s’étaient soldées par un solide mal au mollet. Après lecture du premier chapitre de Saxton, j’avais corrigé le tir et j’ai vraiment compris comment bien courir pieds nus. Une petite traduction serait en effet utile par ici!
    Je ne connaissais pas celui de Jurek, je vais investiguer… ;-)

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