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Pieds nus sur Paris-Versailles 2013

Christian Paris-Versailles 2013 a l'arrivee

Christian Paris-Versailles 2013 a l’arrivée

Troisième participation à cette épreuve mythique, troisième fois que je prends le départ pieds nus.  Cette année encore, c’est l’occasion d’enchaîner plusieurs sorties dans la matinée, histoire de « faire de la borne » afin de parfaire mon entrainement pour mon troisième marathon dans l’année,  Seine et Eure.

Il y a des jours dans la vie du sportif ou, dès le réveil, on sait que la journée sera longue.  Fatigué, j’avais redormi un peu trop longtemps après un réveil à 6h15.  Je me suis donc retrouvé  à manger à la va-vite à moins de deux heures du départ de la course…   En plus, marque de muesli inhabituelle, et pour couronner le tout, de la pluie prévu pendant la matinée. Ainsi, en arrivant à peine 5 minutes avant le départ des internationaux, les déboires avait déjà commencé.  Trempé comme un rat par une averse en bord de Seine lors de ma course initiale de 5 kilomètres pour rejoindre le départ. Lunettes mouillées, embuées par l’effort, super pour éviter les pièges sur la chaussée. Étrange sentiment d’avoir une boule dans l’estomac, sans doute le muesli qui rechignait à descendre, et qui m’empêchait de respirer correctement.  Impossible de retrouver mon clan de blogueurs/coureurs de la Runnosphère avec qui je devais prendre le départ.

Paris-Versailles 2013, gérer son alimentation « comme un pied »

Bords de Seine – 12,72 km/h en moyen.

Normalement, avec mon échauffement je devais courir facilement pendant ces premiers kilomètres.  Niet ! Le souffle manque, la moindre monté me fatigue, et je commence vite à me faire dépasser.  Heureusement le revêtement est très facile malgré la construction à l’entrée d’Issy-les-Moulineaux.  Djo me rattrape en criant mon nom, m’annonce qu’il court avec Sydoky juste derrière moi.  La tête embrouillée, je m’étonne de les voir tous les deux juste avant la côte des Gardes.  Je n’ai même pas la force de faire le malin devant les spectateurs à la hauteur du pont de Billancourt – de toutes les façons, aucun membre de la famille m’attend cette année… Une gorgée d’eau offert par Djo, puis début de l’ascension.

Cote des Gardes, Avenue du Château,  Avenue Berthelot – ascension en Forêt de Meudon – 9,22 km/h

Normalement j’aurai profité de la chaussée refaite, toute lisse, noire et trempée, mais pendant la montée jusqu’à Meudon, je n’ai véritablement eu comme préoccupation de ne pas marcher…  Tellement j’avais les jambes lourdes, les pensées noires, et la tête qui tourne que j’ai juste eu une seule idée pendant toute la montée : je courais moins vite en pleine chaussée, qu’il y a une semaine quand j’ai gravit la Côte des Gardes sur le trottoir, sur son revêtement lépreux !  Normalement, je cours droit comme un piquet, mais là…  Courbé sur moi-même, comme si je pouvais provoquer un déséquilibre qui me hisserait miraculeusement au sommet du col.  Ne pas marcher… Tellement je me concentrais que je n’ai littéralement pas le souvenir d’avoir couru avec d’autres participants pendant toute la montée.  Vue ma moyenne, vaut mieux, en effet, oublier 😉  Ah si – un seul souvenir – une dame qui m’a lancé un « Courage, madame ! » bien sentie !

Christian Paris-Versailles 2013 en haut de la montee de Meudon - photo Philippe Albinet

Christian Paris-Versailles 2013 en haut de la montee de Meudon – photo Philippe Albinet

J’ai vécu l’arrivée des pavés de l’Avenue du Château à Meudon comme une libération. La famille BCBG devait encore être dans les parages cette année, car j’ai encore eu droit à des encouragements pour la dame pieds nus.  Et il me fallait, du courage, car je n’ai pas véritablement récupéré dans ce faux plat.  Avenue Marcellin Berthelot, deuxième montée, et les encouragements de ma belle mère, totalement inattendue à cet endroit.  Ici le revêtement est fortement abimé, et la montée continue en ligne droite jusqu’à la Forêt de Meudon.  Nouvelle crise de tête qui tourne, juste avant d’être repéré par Jahom – également inattendu, donc un photo qui exprime très bien mon état de mort-vivant …

Forêt de Meudon, Côte du Cimetière – 11,28 km/h

Les premiers centaines de mètres de la Route Royale sont nouvellement goudronnées, un régale pour les pieds.  Rien à faire, je ne récupère que lentement.  Plusieurs coureurs me dépassent, des connaissances, mais je me souviens pas bien de leurs visages – Giao ?  J’ai rarement senti autant d’humidité dans l’air depuis que je vis en France, il faisait pas loin de 20 ° et la forêt avait des allures de jungle amazonienne.  Bientôt, la partie la plus délicate pour un barefooteur, le passage sur chemin de terre.  Ouf, c’est partiellement refait, plutôt lisse et surtout, tellement mouillé que le sol est quasiment doux, avec des passages sur les bords pour éviter les vestiges de route qui m’avaient importuné d’autres années. Pas de bogues de châtaigne  – grand soulagement. J’ai enfin pu me reposer un peu, avant d’attaquer la longue et traître descente.  Arrivé à peu près de bonne humeur au pied de cette difficulté, j’ai immédiatement mesuré mon absence de force – la moindre montée, une montagne nécessitant un ralentissement important.  Heureusement, de nombreux coureurs m’encourageaient à ce stade (un record en nombre je crois) dont un gars que je croise chaque année à cet endroit 😉   La montée du cimetière – vraiment je croyais que j’allais marcher, tellement à la peine que je n’ai même pas réussi à doubler une goélette.

Route du Pavé de Meudon, Avenue de Versailles – 10,83 km/h

Route du Pavé de Meudon – tellement j’avançais lentement que la même goélette (Dassault Systèmes) me double dans la dernière descente pour disparaître dans la masse de coureurs.    L’Avenue de Versailles, némésis de tous les coureurs avec son faux plat et virage qui cache la ligne d’arrivée au loin, m’indiffère – j’avance lentement, sans chercher le contact avec les spectateurs au bord de la route, sans me soucier du chrono qui file, tellement je suis dans un état seconde, mélange sans doute de faim et de soif, à cause de mon estomac en grève. Curieusement, la photo officielle (ci-bas) ne traduit pas du tout mon état de fatigue avancé – tout dans ma tête alors ?

Total course – 11,3 km/h, en 1h28mn13s, soit 11,2 min/km

La ligne d’arrivée en simple formalité – j’ai juste stoppé ma montre, sans regarder le résultat, sans prêter attention aux autres coureurs qui me dépassaient, sourires aux visages.  Alexi, rencontré lors d’une de mes animations au mois d’avril, m’a parlé de sa course et de ses difficultés avec des blessures, mais je ne me souviens pas de ma réponse – désolé !  Pareil, Apostolos, un ami jusqu’à là virtuel sur Facebook, m’a reconnu, mais je n’ai pas pu lui accorder l’attention qu’il méritait – prochaine fois !  Comme je ne me souvenais pas du lieu de rendez-vous de mes amis de la Runnosphère (« Rome ») j’ai éré pendant quelques minutes sans but, dans l’eventualité d’une rencontre avec quelqu’un de connaissance.  Peine perdue.  J’ai donc décidé de rentrer au plus vite chez moi afin d’éviter le coup de froid de l’an passé qui avait contribué à une blessure au pied.

Retour à casa en courant -32,32Km  pieds nus

Recourir après un semi-marathon (depuis chez moi, hein ;-)) est vraiment pénible, pieds nus, surtout sur un sol mouillé et abîmé.  Pendant quelques minutes, les jambes et les plantes des pieds résistent vaillamment, prétextant douleur et fatigue pour ne pas se mettre au travail.  Hélas, cet façon sportive est certainement la meilleur méthode pour rentrer à Issy-les-Moulineaux depuis Versailles…  Au bout de quelques minutes, la circulation insuffle à nouveau la vie dans les membres exténués, et la course devient possible, sans être agréable.  Petit aperçu de ce que ça doit être, les épreuves ultra-marathon !! Les plantes des pieds ont retrouvé une pêche relative leur permettant de courir sur les nombreux passages rugueux dans la longue descente jusqu’à la Seine.  Juste quelques pas de marche entre deux feux, une fois arrivé à Boulogne – après -tout, on approchait les trois heures de course, sans chaussures !

Conclusion

Et c’est la faute de qui, cette histoire ?  La pire chrono de mes trois participations à Paris-Versailles ?  A mes enfants ados, pour les faire rigoler, je leur dis de toujours trouver un coupable – vite fait – en cas de bêtise.  Dévier la sanction sur autrui 😉 Sauf que là, le seul coupable possible, c’est … moi.  Modèstement, je peux dire que, même pieds nus, la distance, la météo, la température, la pression de la course  – je sais tout gérer.  Ma faiblesse, éternelle énemi, c’est le sommeil.  Je dors mal, je me couche tard, je me lève tôt, ça va pas du tout.  Se recoucher quelques heures avant une course importante, c’est quasiment suicidaire.  Ergo, je me suis levé trop tard, et j’ai mangé bien trop tard pour pouvoir digérer.  En plus, nouvelle marque de muesli.  Ne jamais changer quoi que ce soit le jour de course.  Ni les vêtements, ni les boissons, ni la bouffe.  Voilà – erreur de débutant.  Un peu comme prendre le départ d’une course Ironman en slip…  Leçon retenue.  (ou pas !)  L’année prochaine, on renoue avec le succès !

Récupération

Quelques remarques à l’intention des coureurs pieds nus.  Arrivé après plus de 32 kilomètres pieds nus, exténué, j’ai été initialement un peu gêné par la peau des pieds sensibles.  Pas envie de me déplacer dans l’appartement.  L’occasion donc d’effectuer une grosse sièste 😉  Six heures plus tard, plus aucune sensation désagreable sous les pieds. Le lendemain, les cuisses étaient un peu raides.  Le surlendemain, les cuisses étaient véritablement fatiguées, à tel point que j’ai renoncé à la sortie prévue, pour éviter de les traumatiser.  Logiquement, avec deux jours complets de repos, tout devrait à nouveau être opérationnel.

Paris-Versailles 2013 – Récits de la Runnosphère

Voici les autres récits des autres participants de la Runnosphère.  Me faire signe si vous avez ajouté un article sur Paris-Versailles 2012 🙂

Photos de Paris-Versailles, pieds nus

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Christian Paris-Versailles 2013 a l'arrivee

Christian Paris-Versailles 2013 a l’arrivee

Christian Paris-Versailles 2013 en haut de la montee de Meudon - photo Philippe Albinet

Christian Paris-Versailles 2013 en haut de la montee de Meudon – photo Philippe Albinet

Voir également les photos de coureurs pieds nus et en chaussures minimalistes de Paris-Versailles 2010 et ma participation à cette course en 2011 et en 2012

Meilleurs tweets

3 réponses à to “Pieds nus sur Paris-Versailles 2013”

  • Donc, si j’ai bien bien tout compris à ce que j’ai lu, tu étais parti officiellement pour un 32 kilomètres et finalement tu t’es fait un ultra non officiel de 74 kilomètres aller/retour (aller/retour chez toi le départ de la course 2 x 5 km + aller/retour Paris/Versailles 2 x 32 km).

    En plus en évitant de dormir la veille, enfin plutôt en dormant 2 heures avant de te lever à la bourre, tout en changeant de marque de petit déj’ parce que sinon c’est trop facile 🙂

    Et en plus tu cours avec une brique dans l’estomac ? (parce que sinon c’est trop facile) 🙂

    Moi je dis que c’est clair, c’est la faute à tes ados, je ne vois pas d’autres possibilités 🙂

  • Tu as bien raison de t’ajouter des difficultés !! Peu de sommeil, et une petite improvisation pour le petit déjeuner !!
    Le corps est comme les enfants, ils ne faut pas leur changer leurs habitudes sinon…

    En tout cas, 32km dans ces conditions, beaucoup auraient opter pour la joie des transports en commun !! 🙂

  • […] Christian : Pieds nus sur Paris-Versailles 2013 […]

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