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Test – huaraches Xero Shoes Z-Trail

Zero Shoes Z-Trail - des huaraches passe-partout

Zero Shoes Z-Trail — des huaraches passe-partout

Analyse de la sandale  Xero Shoes Z-Trail

Voici quelques réflexions au sujet de ma première paire de huaraches « commerciales », par Xero Shoes, les Z-Trail. Cette sandale de course s’inscrit depuis son lancement en 2016 comme une alternative aux huaraches plus minimalistes dans l’offre huarache de Xero Shoes. À 79,99 USD, elle est également deux fois plus chère que mes Dunas.

J’ai régulièrement râlé au sujet de mes sandales Dunas, toujours dans les mêmes circonstances. Elles me font suer quand je les utilise sur des parcours détrempés et gras. Début février, lors de l’IUT 2018 (Issy Urban Trail) la coupe était pleine — j’ai commandé les Z-Trails pour enfin pouvoir faire du trail quand il faisait pas beau.

Notes sur ma pratique

Quelques paramètres pour illustrer ma façon de courir. Je cours environ 3000 kilomètres par an, principalement sur route, principalement pieds nus.

Je ne supporte pas les contraintes aux pieds, et j’ai adopté les huaraches depuis pratiquement le début de ma pratique de course minimaliste. Sur environ 1000 kilomètres chaussés chaque année, ce sont mes huaraches qui prennent le relais, quand je veux aller en forêt, ou quand j’ai besoin de laisser récupérer me plantes après des grosses sorties pieds nus.

Mes huaraches, façon Tarahumara ! (Vibram Dunas 10mm)

J’ai une foulée rasante, dite « du marcheur ». Cela veut dire que je ne lève que très peu les genoux. L’avantage de cette foulée est une extrême économie d’énergie (j’appelle ça une foulée faignante !)

Cette foulée ne s’accommode pas bien du poids des chaussures. En sortie longue, avec les Z-Trail et encore plus avec les TerraFlex (autre article) j’éprouve une certaine gêne, surtout dans les adducteurs, post-sortie. Pour les Z-Trail cela n’a pas provoqué des douleurs ou des blessures durables, mais je tente de lever les genoux pour apporter plus de dynamisme. Cela atténue un peu la sensation de traîner des enclumes… je n’arrive pas encore à garder ce dynamisme pendant toute une sortie longue de plusieurs heures. Peut-être avec plus d’habitude, au bout d’un certain temps…

[Mise à jour après 383km] Cette semaine j’ai couru 84 km uniquement en Z-Trail sur 5 jours (2 jours de repos), et je n’éprouve plus aucune gêne ! Avant-hier c’était 38,7 km pendant plus de 4 heures… Donc j’ai bien fait d’attendre avant de publier mon article. Ceci étant, je pense que d’autres personnes pourraient avoir les mêmes difficultés à apprivoiser ces sandales, dans le cas où elles n’ont pas l’habitude de tracter du poids au bout des pieds. Je préfère vous prévenir…

Et comme je suis toujours aussi faignant, j’ai laissé tomber l’idée de lever les genoux. Trop fatiguant – mon corps sait ce qu’il faut faire pour courir loin, avec le moins d’effort possible…

Conflit d’intérêts

Je vous annonce que mon analyse de la Z-Trail peut être biaisée par le faite que je détiens des actions Xero Shoes quand celle-ci a ouvert son capital aux investisseurs lors d’une IPO (Initial Public Offering) en octobre 2017.

J’ai acheté la paire de Z-Trails au prix conseillé sur le site, moins une remise de 20 % offert aux investisseurs. Vous déciderez si vous me croyez capable de rester objectif dans mon analyse.

Base de comparaison

Je cours depuis des années en Vibram Dunas 10 mm « faits main » – plus de 3000 kilomètres, avec à mon avis encore un millier de kilomètres possibles avec ce qui reste de la semelle. Les Z-Trail les remplacent surtout pour les sorties techniques quand il fait mouillé. Très bien pour le TrailBall donc !

Détails techniques

Laçage de la Xero Shoes Z-Trail

Lanière traversière à la place de la corde centrale.

La Z-Trail utilise un système de laçage unique – une lanière synthétique « ronde » (comme un tuyau, sans bords tranchants) d’environ un centimètre de largeur qui resserre d’abord les orteils de l’extérieure vers l’intérieur de chaque pied, avant de remonter et de croiser le pied par dessus de l’arche pour s’ancrer sous le la malléole extérieure.

Laçage en « Z ».

L’arrière du pied, talon et malléole/chevilles, bénéfice d’un deuxième système de laçage indépendant, réglé au scratch derrière la cheville.

Réglage au scratch de l’arrière de la sandale

Ce système évite ce qui pose problème pour beaucoup de coureurs, le point d’ancrage de la lanière entre le gros orteil et le deuxième orteil. Ainsi, les deux fixations permettent d’ancrer l’avant et le milieu du pied de manière indépendante à l’arrière du pied.

Détail du devant de la sandale, avec son laçage en Z.

Exit également les problèmes de nœud sous la semelle, source d’embrouilles et d’inconfort pour pas mal de coureurs.

La semelle de la Zero Shoes Z-Trail

La semelle est relativement épaisse, 10 millimètres, et moins souple que mes Dunas. Il n’est pas aisé de la rouler sur elle-même, contrairement à ce qui est possible avec les autres sandales de la marque, n’en déplaise à Xero Shoes, qui affirme le contraire ! Cela rappelle que la Z-Trail cible à la fois les coureurs de trail, et les randonneurs — pour tous les deux, la sandale confère une bonne résistance aux cailloux. L’épaisseur de la semelle n’atténue pas trop les sensations du sol.

La semelle « FeelLite® » comporte un relief modérément cranté (la même que la Z-Trek) qui confère une bonne accroche sur les chemins de terre, et sur de la caillasse. Pour la boue, cela ne fera pas le poids (amateurs de Luna Oso 2.0 passez votre chemin).

Semelle un peu crantée, mais polyvalente.

Il y a deux types de matériau employés : Le « FeelTrue® » — un caoutchouc dur à l’avant, à l’arrière et sous les métatarses de la semelle, fait pour résister à l’abrasion ; et le « TrailFoam® »,  une sorte de caoutchouc souple et flexible, censé atténuer les chocs, sous l’arche au milieu de la semelle, à l’endroit où le pied touche le sol en premier (médio-pied). Semelle à deux type de caoutchoucLa semelle est garantie 5000 miles, environ 7000 kilomètres. C’est une garantie contre les trous dus à l’usure. Comme vous pouvez voir, au bout de moins de 400 km (avec 2/3 sur bitume c’est vrai), j’ai essentiellement détruit les picots du milieu de la semelle.

RIP les picots – trop mous pour survivre à ma foulée !

Honnêtement, je n’ai pas besoin du moindre amorti, et j’aurai largement préféré la même matière résistante sous toute la semelle. Mais bon, le marketing est passé par là…

Le revêtement côté plante est un peu collant, ce qui permet de ne pas (trop) glisser quand la sandale est mouillée, surtout si l’arrière de la sandale est bien resserré autour de la cheville.

Vu sur le revêtement côté plantes.

Il y a un dispositif surélevé pour centrer le talon sur la semelle, qui sert en même temps à empêcher l’intrusion de débris.

Dispositif « anti-débris » — mouais.

Poids


Chaussure Poids/ Paire
Pieds nus 0 grammes
Vibram Dunas 10 mm 150 grammes
Xero Shoes Z-Trail 320 grammes
Xero Shoes TerraFlex 507 grammes

Les Z-Trail pèsent 2 fois plus lourdes que mes sandales actuelles, et environ moitié moins que les TerraFlex, la chaussure trail traditionnelle récemment lancée par Xero Shoes.

Avantages

Les Z-Trail sont vraiment à l’aise dans la caillasse — les semelles plus lourdes se déforment juste un peu, assez pour sentir les cailloux, mais pas trop. Elles ne craignent pas l’eau, et sèchent vite. Le pied reste à sa place, la plante ne glisse que très peu, même quand il y a de la boue entre la plante et la semelle. Le laçage permet un ajustement très précis. En ce qui me concerne, je serre bien à l’arrière, et pas du tout à l’avant, combinaison gagnante qui empêche que la lanière frotte au niveau  des orteils.

Dans les montées et les descentes, c’est surtout la lanière arrière qui fait son travail. Le pied ne s’avance pas ou très peu, donc pas besoin de trop serrer la lanière au niveau des orteils. Cette dernière empêche efficacement que le pied glisse d’un côté ou un autre, quand il y a un revers sur le chemin.

L’accroche est convenable, mais n’arrive pas à venir au bout de surfaces très glissantes. Sur route elles font un « bruit de sandale bien maîtrisée » (pas de claquement, bien sur !), et sont stables, grâce au caoutchouc dur.

Facile à laver à la machine, aucune précaution nécessaire, à part bien fermer la lanière à scratch pour éviter d’abîmer d’autres tissus dans le tambour.

Désavantages

Pour moi, le principal défaut des Z-Trail est leur poids. À presque 400 km, j’arrive enfin à les « oublier » en sortie longue. Attention, ceci est une appréciation hautement personnelle, mais je suis obligé de vous en parler.

Autre désavantage — le dispositif censé chasser les débris à l’arrière de la semelle fait exactement l’inverse ! Contrairement à mes vieilles Dunas, les débris ont tendance à être coincés entre le pied et la semelle, à cause de ce petit bord relevé. Sur certains revêtements (sable, gravillons fins), c’est vraiment pénible — ça ne part absolument pas tout seul !

Pas sûr que la semelle reste utilisable 5000km. J’ai bien l’intention d’aller jusqu’au trou (dsl pour le jeu de mots pourri), histoire de voir ce qui se passe avec la semelle quand les diverses couches sont érodées.

En plus, j’ai tendance à me couper les malléoles avec toute nouvelle paire de chaussure, à cause de ma foulée centrée.

Attention – les bords de huarache, ça tranche !

J’attaque sur une seule ligne, donc il y a un mouvement très précis à respecter pour éviter les dégâts. Et cela n’a pas raté – je finis plein de sorties avec quelques traces… Je m’habituerai tôt ou tard. Je devrais même pas en parler, mais c’est un fait (et ça montre mon implication ;-))

La lanière qui traverse les orteils à l’avant avait tendance à frotter au début, avant que je m’habitue et que je fasse les ajustements nécessaires. Il se peut que ce soit dû surtout à mes orteils déviés. J’ai relevé un autre constat similaire. Cette personne, débrouillarde, a collé des morceaux de styropore comme ce qui est utilisé pour les emballages, et cela a résolu le problème. Pas de frottements ailleurs. Mes pieds se sont complètement habitués au bout de deux cents kilomètres, soit une dizaine de sorties.

Les sandales finissent quand même par puer, malgré les lavages. Dommage, mais soyons réalistes, aucune chaussure de sport n’a résolu ce problème, à ma connaissance !

Résumé/Bilan


Xero Shoes — Z-Trail Nombre de « pieds nus » — maximum 5
Fiabilité/Solidité
Confort
Accroche
Poids

Dans l’ensemble je suis satisfait des Z-Trail, et je les garderai jusqu’à leur mort par épuisement. Les défauts que j’ai relevés sont surtout imputables à ma propre morphologie. Le problème du poids est en fait un problème plus général de changement d’habitudes.

Je pense donc que vous pourriez bien courir avec les Z-Trail, à condition de vous laisser le temps de vous y habituer. A voir aussi pour l’utilisation dans des conditions grasses – elles sont beaucoup mieux que mes anciennes Dunas, mais je sais dors et déjà que j’aurai envie d’utiliser une solution plus traditionnelle pour courir l’hiver dans les conditions grasses et humides comme on les aime bien en région parisienne. Je vous parlerai plus tard dans l’année de ma paire de Xero Shoes TerraFlex. Pour l’instant, elles somnolent dans un coin, en attendant le mauvais temps !

TerraFlex de Xero Shoes – une chaussure de trail « classique » en cours d’essai

Lien d’affiliation

Ce n’est pas dans mes habitudes, mais j’aimerais vous demander d’utiliser le lien suivant si vous achetez votre paire de Z-Trails. L’hébergement et la sécurité du site me coûtent cher, et votre participation financière, en achetant vos Xero Shoes par ce lien, m’aidera à continuer à vous fournir des contenus de qualité.

Acheter la Z-Trail ou toute autre chaussure de la marque Xero Shoes

Merci !

Vidéo « Teaser » comparatif Dunas 10 mm et Z-Trail

Photos de la Xero Shoes Z-Trail

« Big Air » lors d’une séance de tournage avec les Z-Trail

Les Z-Trail après leur première sortie — encore bien propre !

Le réalisme appliqué au placement produit !

Le réalisme appliqué au placement produit !

Z-Trails dans un champ d’herbe mouillée — ça passe ! – Pas de lanière à casser…

2 réponses à to “Test – huaraches Xero Shoes Z-Trail”

  • hito:

    Bonjour.
    Vous dîtes avoir une foulée de type « marcheur » parce qu’elle est rasante. Une foulée de type marcheur est une foulée de type talon/pointe et non médio pied comme la vôtre.

    Votre foulée est rasante parce que votre genou aérien se lève peu. Et la raison en est que vos bras sont très peu actifs. Tout le boulot est pour les fessiers. Le résultat est une foulée courte et donc rasante avec très peu de réserve pour accélérer.

    Si vous utilisiez vos bras, vous équilibreriez votre mouvement et votre course serait beaucoup plus efficace. Vos pieds frotteraient moins aussi lors de l’atterrissage car votre foulée serait plus bondissante. Vous bénéficieriez de l’énergie accumulée dans vos mollets et votre foulée serait plus longue tout en restant sous votre centre de gravité. Du coup vous gagneriez en vitesse. Et ça uniquement sur route et sur le plat.

    Sur chemin et en dénivelés il n’est pas possible d’avoir une course efficace sans utiliser les bras car les appuis changent en permanence, les allures aussi, on saute, on raccourci sa foulée, on l’allonge, on piétine, etc, et les bras servent à la fois de balanciers et de moteurs.

    Contrairement à ce que crois beaucoup de coureurs amateurs les bras ne suivent pas le mouvement des jambes, c’est l’inverse, ce sont les jambes qui suivent les bras.

    Toute course commence par les bras. Il suffit de regarder courir un sprinteur pour le comprendre.

    Sinon, concernant Xero shoes, personnellement je n’apprécie pas leur concept. Ces sandales sont peu solides et peu adaptées à une utilisation de type trail. Rien ne vaut une bonne semelle avec des trous dans lesquels on fait passer une cordelette. Certes, ça peut casser mais c’est facilement réparable même en compétition. Avec les Xero les boucles quand elle cassent ne sont pas réparables.

  • Bonjour Hito,

    Merci pour cette réponse détaillée – wow – tant d’informations intéressantes ! Je crois que je vais « contre-poser » des questions et des remarques, une à une, afin de bien cibler chaque sous-discussion.

    Je parle d’une foulée « marcheur » depuis si longtemps que je ne sais même plus qui me l’a dit pour la première fois – un professionnel ? Un amateur comme moi ? En tout cas, j’ai du flasher sur quelques similitudes avec la marche, notamment l’amplitude courte et absence de rebond. La dimension talon/pointe ne décrit aucunement ma foulée, effectivement ! C’est une attaque bien à plat, sur le médio-pied, PN oblige. Bien sur, je n’ai pas appris à courir, donc je suis incapable d’appliquer un lexique précis pour décrire ma pratique, au-delà des rudiments que j’ai appris dans quelques livres et lors de discussions. De même, grand intuitif, je cours comme je le sens, et depuis des années, je ne change plus rien à ma foulée, puisqu’elle me permet de courir loin, sans blessures. Sauf que… avec les Z-Trail et les TerraFlex que je vais commenter bientôt, la foulée rasante me tape dans les adducteurs (puisque mes fessiers sont habitués). Donc je dois lever les genoux un peu. De là à m’appuyer plus sur les bras, ça devrait être possible, mais je suis faignant…

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