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- On n'est pas que des cobayes - Trouver chaussure à son pied

La déchéance (temporaire) de mes plantes de pied

Cycle arrêt / reprise pieds nus / huaraches

Cycle arrêt / reprise pieds nus / huaraches

Ceci est une histoire de peau qui s’en va. Pas comme pour un coup de soleil, où ça part en lamelles au bout de quelques jours. Oh non, c’est plus subtil que ça.

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Qui court pieds nus sait qu’il faut régulièrement pratiquer sans chaussures pour entretenir la résistance plantaire. Sacré boulot. Il me manque des repères, donc je parlerai de moi dans ce qui suit. La dernière fois que j’ai couru pieds nus, c’était il y une semaine, aux États-Unis. Pour diverses raisons, je n’ai pas couru depuis : courses en sandale ou chaussure, voyages, maladie. Justement, c’est la maladie qui m’inspire un petit article sur ce sujet. Mon traitement m’oblige une coupure de deux semaines, plus une semaine de sûreté — sinon, je risque la rupture du tendon d’Achille. (Selon mon médecin généraliste, qui connaît mes habitudes de gros kilomètres.)

Donc, sans attendre, voici mes observations pendant cette période de 3 semaines, qui va intégrer de la marche pieds nus pour éviter de chuter trop bas, niveau résistance plantaire.

J+7 :

Dessous des pieds « granuleux » (pas de meilleur mot pour décrire cela) à cause de la peau qui commence à desquamer sérieusement. Des plaques de peau morte s’en vont aux points de contact : talon, sous l’arche, les métas, et les dessous de certains orteils. Je sens déjà que pour remonter, ça va être du boulot.

J+28 :

Première course (en huaraches) après la fin du traitement et un peu plus d’une semaine de repos supplémentaire, histoire de laisser le temps à mon corps d’expulser les traces de l’antibiotique.

Curieusement, il n’y a pas eu d’autres phases prononcées de desquamage de la peau des plantes. J’ai veillé à rester le plus souvent pieds nus (je travaille chez moi). (Petite parenthèse — j’ai bien « choisi » mon mois de repos — il a fait un temps exécrable à Paris – froid, neige, pluie, du jamais vu pour un mois de mars…)

Bref… une petite heure à trottiner avec des Z-Trail, sans dénivelé, juste au feeling. 11 kilomètres. Je me sentais bien, pas tellement de lassitude. C’est la première fois depuis août 2010 que je m’arrête aussi longtemps. D’où une petite appréhension. Le seul effet un peu curieux, c’est que je me suis lacéré l’intérieur des malléoles avec la semelle de la sandale.

Dégâts occasionnés par une nouvelle chaussure

Dégâts occasionnés par une nouvelle chaussure

Je ne suis pas surpris. À chaque fois que j’adopte des nouvelles chaussures, c’est comme mes jambes avaient besoin d’un peu de temps pour adapter la foulée. Déjà que j’ai une foulée particulière.

Au bout de quelques heures, de légères brûlures autour de la peau des talons… J’ai remarqué que j’ai souvent eu de la peau morte qui partait à cet endroit, surtout lors des douches. Je crois que mécaniquement, il doit y avoir une grosse couche à cet endroit, pour protéger les os, et pour résister aux frottements.

Tiens — on va appeler ça le Jour « R » : « R » eprise.

R+1 (lendemain) :

Douleurs musculaires et raideurs dans les cuisses (la course minimaliste dans toute sa splendeur). Un peu de douleur également dans les fessiers. RAS pour les mollets — ouf ! Pas de course aujourd’hui.

Plus de douleur dans la peau autour des talons.

R+2 (surlendemain) :

Cuisses toujours raides.

R+3 :

Première sortie PN depuis plus d’un mois (28 février). Une heure à trotter autour de l’ile Saint-Germain. À ma grande surprise, je n’ai absolument pas souffert des plantes ! Aucune sensibilité, même pas quelques heures après. 10 kilomètres à allure tranquille. Certes, quelques passages me semblaient plus rugueux que d’habitude, mais rien de méchant. Surtout, cette grande joie (mélangé il est vrai à une bonne rasade de soulagement !) de sentir le sol en courant, cette fameuse sensation de liberté. Je sens que je vais rapidement pouvoir me remettre aux sorties longues !

Juste la cuisse droite qui me pinçait un peu, surtout dans les descentes. Rien de très grave, mais j’ai bien fait d’attendre deux jours pour recourir. Cela semble démontrer également l’utilité de rester au moins un peu pieds nus dans la « vraie vie » – c’est-à-dire dans la maison, ou si possible, en marchant au parc ou en ville, sans chaussures… Je m’attendais à perdre successivement d’autres couches de peau, depuis début mars, mais une seule couche est vraiment partie, et puis rien… Curieux.

Je constate également avec soulagement que mes coussinets (les endroits renforcés aux points de contact) n’ont pas diminués en épaisseur. Cela est conforme à d’autres témoignages que j’ai pu glaner à divers endroits. Ainsi, seul la peau doit être refaite, et ça va assez vite.

R+4 à 5 :

Cette fois, ce sont surtout les mollets qui réclament du repos — normal, la course PN les sollicite plus que tout autre type de course. Je n’ai pas hésité à laisser le temps de repos nécessaire, ne pas recourir le lendemain, comme initialement prévu…

R+6 : Un peu plus d’une heure en huaraches Z-Trail, pas le courage de courir PN, ce parcours près de Berne en Suisse est assez exigeant.

Matin tôt, à Berne

Matin tôt, à Berne

Je me sentais moins véloce que d’habitude, mais c’est surtout le manque de pratique — pas trop gêné par des douleurs musculaires. Et seulement 3 heures de sommeil la nuit, car je suis en plein préparation de lancement de mon entreprise, et ma tête ne veut pas se reposer aux heures que je lui propose (la nuit, quoi). Mais courir fatigué, je crois que tout le monde fait ça de temps à autre.

R+8 :

Sortie PN pour aller encourager les coureurs du Marathon de Paris (12 km). Plantes un peu sensibles sur certains revêtements, mais supportable.

R+9 :

Jambes assez raides suite à la sortie « longue » d’hier.  Repos, demain ça ira. Rien à prouver, juste besoin de retrouver le niveau habituel sans me blesser — ça prendra le temps que ça prendra.

R+15 :

Après plusieurs sorties PN cette semaine (distance environ 33 km, trois fois une heure par excès de prudence) j’ai ENFIN retenté une sortie longue PN ! Deux heures, grande incursion dans Paris, où j’ai croisé les coureurs de la Color Run

Color Run 2018

Color Run 2018

et quelques débris

Débris au sol - pas dangereux si vu à temps...

Débris au sol – pas dangereux si vu à temps…

pour 22 kilomètres de pur bonheur.

Pas de gêne particulière pendant et après la sortie, pas de fatigue musculaire, une moyenne assez élevée (5:20 min/km) et le sentiment de retrouver à la fois l’endurance plantaire, et le plaisir de courir tout court. J’avoue que je n’ai JAMAIS coupé plus d’une semaine depuis août 2010 — avec des gros volumes ces dernières années, 3000 kilomètres depuis 3 ans. Je ne pense pas que j’irai aussi loin en 2018 (quoique), mais le plaisir de retrouver la course PN est intense !

Je traverse un passage dans ma vie où je suis engagé sur plusieurs projets passionnants. J’ai souvent besoin de « niveler » les idées, faire de l’ordre dans ma tête, prendre du recul. La course d’endurance sert à cela. Cet état méditatif que certain.e.s d’entre vous connaissent, m’a manqué. Pas franchement, plutôt sournoisement, pendant le mois de mars. Je suis à nouveau en pleine forme, et je pense que ce passage à vide m’a quand même fait du bien. À refaire (1 semaine d’arrêt ça pourrait suffire) de temps à autre. Ce que vous êtes probablement nombreux/euses à faire, hein 😉

Christian

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