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Marathon pieds nus – Seine Eure 2013

Seine Eure 2013 - Marathon

Seine Eure 2013 – Marathon pieds nus

Douze mois, quatre marathons pieds nus. Il y a exactement un an, je courais mon premier marathon pieds nus, ici-même, au marathon Seine Eure. Une année entière passée à m’améliorer sur cette distance, et des modifications significatives de l’organisme et du mental. Voyons comment cette deuxième édition c’est passée, et ce que j’ai appris depuis ma première participation.

Marathon Seine Eure 2013, pieds nus sous la pluie

Préalables peu encourageants, dans les quelques heures avant la course.  Avec un ami, nous avons pris la route de bonne heure, avant de nous perdre (oublié de consulter le GPS au bon moment !) puis embouteillage sur l’autoroute (voiture accidentée, carbonisée – sympa) avant l’arrivé de la pluie et un gros cafouillage en cherchant le parking, avec pour bien faire, le voyant du réserve d’essence allumé…

Très à la bourre donc, pas la peine de revenir à la voiture aSeine Eure 2013 - Marathon pieds nus Christian Harbertsprès avoir récupéré les dossards – hop – direct dans la dernière navette qui nous amène de Val de Reuil au départ, à d’Amfreville sur Iton (Basse Normandie).  La pluie tombe en continue, même à l’intérieur du bus (condensation).  Pieds sur sol à destination, je me sens complètement calme – il fait très doux, presque 18°, sans vent.  Surtout, j’ai trois marathons pieds nus « dans les pattes », dont deux depuis le mois d’avril.  Aucune raison de s’inquiéter.

Après une petite photo et quelques échanges avec un ami minimaliste, Guillaume Hauchecorne, je range mes sandales huarache dans ma banane dans le creux du dos et je m’installe tranquillement derrière le drapeau des 3H45 en vue de dérouler ma stratégie de course marathon pieds nus.

Départ du marathon précisément à 9h15.  La pluie s’est arrêtée, le peloton démarre à une allure raisonnable.  Ouf – fini la zone de construction qui avait répandu des gravillons sur la chaussée avant même la sortie du village…   Toujours cette sensation surprenante de courir en … chaussettes, car la circulation, même par temps doux, met un certain temps à se mettre en route.  C’est pas plus mal – à mes débuts, les premières kilomètres des courses étaient souvent pénibles, car les pieds étaient extrêmement sensibles.

Premier mission, renouer avec le groupe des 3h45 dès que possible, pour mieux les larguer dès que le parcours le permettra. C’est le moment ou des coureurs encore frais remontent le peloton – certains profitent pour me saluer, car lecteurs de mon site.  La meilleure remarque : « Je vous imaginais plus grand ! »  D’autres, curieux, me parlent de leurs propres projets de reconversion, ou posent simplement des questions sur mes motivations.  Cela aide à passer le temps. Seine Eure 2013 - Marathon pieds nus Christian HarbertsAutre « incident » lorsque je courais aux côtés de femmes – j’ai plusieurs fois entendu « Bravo mesdames ! » 😉

Passé le semi-marathon, mon ami Patrick déclare qu’il s’ennuie.  En effet, moi aussi, j’ai l’impression de traîner des pieds.  C’est la première fois que je refais le même marathon, et le souvenir des lieux, et parfois même de certains spectateurs (!) finissent par peser…  Heureusement, je suis capable de basculer dans une sorte d’état seconde, avec juste assez de vigilance pour ne pas ralentir tout en optimisant mon trajet…

Un exemple, les bandes blanches.  Je n’ai jamais hésité à m’en servir lors des marathons, et sur cette course, il y en a des sympas par endroit, à l’exception des deux passages difficiles à partir de 25 kilomètres.  Cette année, ces deux passages m’embêtent beaucoup moins, la meilleure preuve que ma résistance plantaire s’améliore.

Par contre, avec la fatigue vient une certaine sensibilité aux bruits.  A partir de 30km, je restais avec les mêmes coureurs, certains visiblement en train d’agoniser.  A ce stade, rien de plus énervant que les pas éléphantins et respiration laborieuse d’un coureur qui agonise juste derrière soi…

Le « sprint » final du marathon pieds nus

Ce qui m’a le plus marqué était la nouvelle, relayée par les quelques coureurs autour de moi, de l’arrivée du groupe 4 heures.  En effet, les râles, murmures et bruits de foulée qui grandissaient derrière moi, m’ont déclenché une réaction assez violente.  NON, pas ça, après presque quatre heures de course, échouer à moins de trois kilomètres, déposé par le groupe que j’avais si bien éloigné depuis le début de la course…  Et à deux kilomètres de l’arrivée, à l’entrée du Val de Reuil, le groupe me double effectivement, malgré mes efforts…

Seine Eure 2013 - Marathon pieds nus Christian HarbertsFoutu ?  Point du tout !  Une rage, comme celle que je connaissais dans une autre vie sportive de coureur cycliste, m’a submergé, des visions hurlantes de courses cyclistes réglées au sprint et autres échappées désespérées résonnent dans ma tête…    Malgré la fatigue et la sensibilité des pieds, j’ai senti une toute petite force naître dans ma foulée.  Avec une vélocité qui augmente progressivement, j’ai d’abord réussi à enterrer le porteur de drapeau, puis – propulsé par une sorte de panique – les autres coureurs qui gravissaient autour du drapeau 4 heures !  L’approche finale, ce sont plusieurs lignes droites de 400 mètres environ, avec la ligne d’arrivée au bout d’un faux-plat montant.  Je crois sincèrement avoir vécu l’arrivée la plus passionnante et difficile de ma « carrière » sportive, ce jour-là !

Plus d’une minute récupérée en 1000 mètres…  Et même l’assurance à la fin de faire l’andouille devant les spectateurs des deux côtés de l’arrivée 😉

Seine Eure 2013 - Marathon pieds nus Christian HarbertsAinsi se termine mon troisième marathon de l’année, avec toujours autant de brio de la part de mes pieds, les vrais héros de cette histoire.  Cette fois j’ai pensé à les faire prendre en photo – vous voyez ?  Un peu rouge, pas le moindre dégât, ampoule, coupure, etc.  Idem pour les mollets.  Pour les cuisses, c’est une autre histoire !!

Boire et manger – marathon pieds nus

En fait, à moins de prendre le départ avec une fringale, pas besoin de s’empiffrer pour finir une épreuve de cette distance.  Pour carburant, j’ai pris quelques bouts de banane et des raisins après le premier semi-marathon, puis quelques morceaux de banane à nouveau à 30 km (je crois).  Je n’ai ressenti du mur.  J’ai pris une bouteille d’eau à 15km (je crois ?) que j’ai gardé à la main jusqu’aux derniers centaines de mètres avant la ligne de départ. J’ai complètement oublié le bidon dans mon dos – vraiment pas la peine de l’emporter.  En plus, cela m’a trituré le bas du dos – j’ai senti une bosse pendant deux jours…

Au risque de m’aventurer sur un terrain glissant, je pense que cette économie d’apport énergétique est directement liée à l’efficacité de la course pieds nus…  Les chiffres publiés outre-Atlantique parlent d’une économie de 6-10 pour cent par rapport à un coureur chaussée…

Entrainement – marathon pieds nus

Comment dire : ceux qui s’engagent dans la course marathon pieds nus, autant le dire tout de suite, c’est comme rentrer dans les ordres.  Pas de répit, des sorties longues presque toute l’année, même par temps humide et froid.  Jamais quelques semaines de repos (avec des chaussures de course par exemple).  En 2013, c’est presque 2000 kilomètres que j’ai parcouru ainsi, et l’année n’est pas terminé….

L’avantage, c’est que les temps de récupération semblent être très réduits – deux semaines pour retrouver le niveau après un marathon, par exemple.

Stratégie de course – marathon pieds nus

Depuis ma mauvaise gestion du marathon de Paris 2013, j’ai revu m’a stratégie de course.  A l’époque (voir lien ci-bas) j’étais resté avec des coureurs qui visaient une allure moyenne permettant d’arriver à 4H.  OK, sauf que je tournais à vide pendant 30km avant de souffrir de fatigue et d’inconfort plantaire, ce qui m’a beaucoup ralenti dans les dix derniers kilomètres.  Au marathon de Sénart (lien en bas) j’ai donc foncé dès que la route le permettait, dès le départ, afin de construire un capital « vitesse » …  Le groupe de 4H ne m’a jamais rattrapé.

Principe de base : le negative split à la poubelle

Pour cette course, je savais que bon nombre de passages rapides (pour mes pieds) m’attendaient jusqu’au semi-marathon.  J’ai donc accéléré sans m’essouffler, en me calant sur le groupe 3h45.  Profitant d’une belle piste cyclable, j’ai foncé à quasiment 12km/heure (je sais – minable – mais pas mal pour moi) pour distancer ce groupe, qui me rattrapera seulement lors des deux passages difficiles à partir de 25km.

Les plantes des pieds seront de plus en plus sensibles. Il ne faut pas trop attendre pour les solliciter – plus tard, la fatigue de l’organisme se cumule avec celle des plantes…

Comparé à 2012, j’ai été bien plus rapide sur les dix derniers kilomètres, tout en restant systématiquement sous les 10 km/heure.  J’ai réussi un « sprint » quasiment miraculeux sur les deux derniers kilomètres, fouetté par l’obsession d’être doublé par le groupe de 4 heures qui m’a effectivement rejoint dans les derniers kilomètres de la course, juste à l’entrée de Val de Reuil.  

Je croix que j’ai rarement autant souffert, même en course cycliste, sur une fin de course.  Bien sur, en ville, que des lignes droites ! Un succès indéniable par contre, puisque j’ai réussi à distancer ce groupe de plus d’une minute dans le dernier kilomètre 😉  Pas mal fier de ça – mais à l’avenir, il faut que j’améliore l’ensemble de la course, surtout les sections difficiles, afin d’augmenter durablement ma moyenne de vitesse « tout revêtement ».

Ci-après, les moyens distance/vitesse sur les majeures parties de la course :

  • Premiers 10 km – (11,72km/h – 00:50:48)
  • Semi-marathon – (11,48km/h – 01:56:19)
  • 2ième semi-marathon – (10,21km/h – 02:04:54)
  • Marathon – (10,85km/h – 03:58:48)

Résultat / Chrono marathon pieds nus

Rang Dos Nom      Prenom    Cat cl cat Semi     Rg  Cat Tps Total

(2012)

470 480 HARBERTS Christian V1M 201    01:56:19 442 193 04:07:58

(2013)

432 525 HARBERTS Christian V1M 192    01:51:59 429 190 03:58:48

Récupération marathon pieds nus

  •  J+1 : Talons, pieds, mollets OK, rien à signaler. Cuisses douloureuses
  • J+2 : Cuisses un peu tendues
  • J+3 : Tout OK.

Une récupération musculaire achevée au bout de trois jours, plutôt positif. Enfin – pas complètement renouvelé évidemment – je vais attendre encore quelques jours, mais normalement prochaine sortie longue (>20km), J+7.

Conclusion – marathon pieds nus Seine Eure 2013

Quelques notes pour moi-même – bien que je n’ai pas l’habitude de m’écouter :

  • Pas la peine d’apporter un bidon d’eau si des bouteilles sont dispensées toutes les 5 km !
  • Idem pour la nourriture – une barre au cas où, quelques poignées de qu’importe de temps en temps, à partir du semi.

Quant à moi, au risque de me répéter, je me concentre toujours  sur deux objectifs :

  • Courir encore plus loin, pieds nus;
  • Aider la communauté de coureurs francophone à mieux courir : sans douleurs, de manière efficace, et surtout, avec plaisir.

A bientôt, pour la suite !

Comptes-rendus de marathon pieds nus

Marathon de Seine Eure 2012

Marathon de Paris 2013

Marathon de Sénart 2013

Photos marathon pieds nus

Seine Eure 2013 - Marathon pieds nus Christian Harberts Seine Eure 2013 - Marathon pieds nus Christian Harberts

Seine Eure 2013 - Marathon

Seine Eure 2013 – Marathon

Seine Eure 2013 - Marathon pieds nus Christian Harberts Seine Eure 2013 - Marathon pieds nus Christian Harberts Seine Eure 2013 - Marathon pieds nus Christian Harberts

Liens Utiles

Parcours du Marathon Seine Eure

2 réponses à to “Marathon pieds nus – Seine Eure 2013

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